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  • 3ème conférence mondiale sur les douanes

    Le fait n'est pas nouveau, mais l'énergie que mettent les politiques à brider l'économie française en pliant devant les industriels m'agace considérablement. Il y a quelques jours de ça, j'ai encore eu l'occasion d'en parler avec des collègues, dans le cadre d'un séminaire qui avait lieu à New York. Et chacun d'entre nous était convaincu que les droits de douane auraient tout intérêt à être supprimés, tout simplement. Les producteurs nationaux prétendent souvent que les tarifs douaniers sont obligatoires pour leur survie, pour les maintenir à flot face à une main-d‘œuvre étrangère bon marché. Derrière la logique apparente se cache en réalité une profonde contradiction, une négation même du libre marché. Parce que, rappelons-le tout de même : le but premier du commerce mondial consiste à profiter des différences internationales dans les prix, de sorte à payer le moins cher possible des produits, et donc de laisser les citoyens améliorer leur niveau de vie. Une nouvelle technologie, lorsqu'elle apparaît, donne habituellement à un pays un avantage comparatif pour des produits particuliers. Mais celui-ci n'est, bien sûr, que provisoire. A mesure que le temps passe, d’autres pays en viennent à maîtriser cette technologie, à avoir des coûts inférieurs, et donc à devenir plus compétitifs. Forcément, les producteurs nationaux, ayant perdu leur avantage compétitif, pointent du doigt la concurrence d’importations produites par une main-d’œuvre étrangère bon marché. Mais ce n'est, en tout état de cause, pas la bonne réaction à adopter. Ces industries en perte de vitesse devraient plutôt innover, voire changer de secteur d'activité, plutôt que de rester inerte et de vouloir être protégées du monde extérieur. Car ce faisant, elles détruisent toute possibilité pour elles de rebondir et de conquérir de nouveaux marchés. Certes, à court terme, le passage d'un secteur à un autre peut être pénible et coûteux. Mais bien moins qu'une lente agonie, prolongée par les droit de douane. Les travailleurs perdent leur emploi et doivent recommencer dans des industries qui leur sont peu familières, mais ces dernières ont alors une chance de revenir sur le devant de la scène plutôt que de vivre sur leur gloire passée. Et si la société souhaite procurer une aide pour faciliter la transition, une forme de recyclage serait un moyen bien plus efficient qu’un tarif douanier. Bien sûr, le débat était un peu faussé, lors de ce séminaire à New York. Après tout, tous les participants réunis travaillaient dans des domaines présentant un fort avantage compétitif. Si nous appartenions à ces industries en déclin, les propos auraient peut-être alors été tout autres... Suivez le lien pour vous inscrire au prochain événement, cela devait être encore à NY.

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  • L'Idée de la bonne conduite

    Le développement de l'idée de causation suppose le développement d'un si grand nombre d'autres idées qu'il est la mesure la plus exacte du progrès intellectuel. Avant de se frayer une route, il faut que la pensée et le langage soient assez avancés déjà pour concevoir et exprimer les propriétés ou les attributs des objets, indépendamment des objets eux-mêmes: il n'en est pas encore ainsi aux degrés inférieurs de l'intelligence humaine. De plus, pour acquérir même la plus simple notion de cause, il faut d'abord avoir groupé un grand nombre de cas semblables dans une généralisation unique; et, à mesure que nous nous élevons, des idées de causes de plus en plus hautes supposent des idées générales de plus en plus larges. Ensuite, comme il faut avoir réuni dans son esprit des causes concrètes de divers genres avant de pouvoir en faire sortir la notion générale de cause conçue comme distincte des causes particulières, cette opération suppose un nouveau progrès de la faculté d'abstraire. Tout ce travail implique en même temps la reconnaissance de relations constantes entre les phénomènes, et cette reconnaissance fait naître des idées d'uniformité de séquence et de coexistence, l'idée d'une loi naturelle. Pour que ces progrès soient possibles et sûrs, il faut que l'usage des mesures donne une forme nettement définie aux perceptions et aux pensées qui en résultent; cet usage familiarise l'esprit avec les notions d'exacte correspondance, de vérité, de certitude. Enfin la causation n'est conçue comme nécessaire et universelle que lorsque la science, en se développant, a rassemblé des exemples de relations quantitatives, prévues et vérifiées, entre une foule toujours plus grande de phénomènes. Aussi, bien que toutes ces conceptions cardinales s'aident l'une l'autre dans leurs progrès respectifs, le développement de l'idée de causation dépend d'une manière plus spéciale du développement de toutes les autres: il est donc la meilleure mesure du développement intellectuel en général. Cette idée de la causation, par suite de sa dépendance même, se développe avec une extrême lenteur: un exemple suffit pour le rendre évident. On s'étonne d'entendre un sauvage, tombé dans un précipice, attribuer sa chute à la méchanceté de quelque diable; on sourit de l'idée toute semblable de cet ancien Grec, dont une déesse, disait-il, avait sauvé la vie en délaçant la courroie du casque par lequel son ennemi le traînait déjà. Mais tous les jours, sans manifester d'étonnement, nous entendons dire, aux uns qu'ils ont été sauvés d'un naufrage «par une intervention divine», aux autres qu'ils ont «providentiellement» manqué un train qui a déraillé un peu plus loin, ou qu'ils ont échappé «par miracle» à la chute d'une cheminée.

  • Les alliances de Poutine en Syrie

    Qu'on se le dise Vladimir Poutine a le vent en poupe, il a même hissé la grand voile sur l'échiquier géopolitique. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide et l'intervention soviétique en Afghanistan, Moscou s'apprête à intervenir au Moyen-Orient. Chacun sait que la Syrie est un enjeu stratégique pour la Russie, et ce d'autant plus qu'il y a près de 2 500 djihadistes russes qui combattent aux côtés de Daech et du Front al-Nosra. Dans ce contexte, l'amplification de la coopération entre la Russie et l'Iran couplée avec des relations plus poussées avec les Kurdes pour contrer une éventuelle offensive de l'opposition extrémiste appuyée par les Turcs dans le nord de la Syrie, a assurément anéanti les velléités de Washington tendant à renverser le président Bachar El-Assad. Et il y a plus, l'installation d'une base aérienne en Syrie dans la région de Lattaquié par l'armée russe est une pièce importante sur l'échiquier stratégique. En clair, elle créé l'incertitude chez les autres joueurs et permet ainsi à Moscou de se doter de la capacité de mener des frappes contre Daech, à partir d'un porte avion au sol. Dans cette perspective, Vladimir Poutine recevait à Moscou Benjamin Netanyahu, pour lui demander de ne pas entraver les manœuvres russes dans ce pays. Et pour le rassurer Netanyahu, le chef du Kremlin s'est empressé de déclarer que le régime d'Assad et son armée étaient trop impliqués dans la guerre qui se déroule dans leur pays pour constituer une menace pour Israël. Dés lors, les Etats-Unis sont piégés en Syrie et ils n'ont pas d'autres choix que de faire face à la nécessité de négocier avec la Russie et de jouer avec Bachar El-Assad. Pour justifier son soutien fort et massif au lion de Syrie, Poutine indiquait volontiers à la veille de son discours aux Nations Unies :' 'Je suis profondément persuadé que des actions visant à détruire le gouvernement légitime déboucheront sur une situation similaire à celle connue par d'autres pays de la région en question ou d'autres régions comme la Libye, où les institutions publiques sont détruites" "Il n'y a pas d'autre solution à la crise syrienne que de renforcer les institutions d'Etat en place et de les soutenir dans leur lutte contre le terrorisme tout en les poussant à dialoguer avec la partie saine de l'opposition et à mener des réformes" Pourquoi l'analyse russe était-elle la plus juste ? "C'est précisément parce que la Russie est l'alliée du régime de Damas qu'elle est la mieux placée pour le convaincre de modifier sa ligne intransigeante! La confiance ancienne qui existe entre Moscou et Damas et la dépendance militaire et partiellement financière du régime à l'égard de la Russie donnent un poids particulier au Kremlin dans toute solution politique qu'il viendrait à soutenir. En un mot, dans cette crise, les Russes sont incontournables", martèle Randa Kassis l'une des figures de l'opposition syrienne. Le" Bachar bashing" a t-il de l'avenir ? Qu'on y songe, Angela Merkel a entériné le rapport de forces et a su faire preuve de pragmatisme : "Nous devons parler avec beaucoup d'acteurs pour résoudre le conflit (...). Assad en fait partie. D'autres aussi. Et pas seulement les États-Unis ou la Russie, mais aussi des partenaires régionaux majeurs, dont fait partie l'Iran, mais aussi des pays sunnites comme l'Arabie saoudite", a-t-elle insisté. Dans la même veine, le Secrétaire d'Etat des Etats-Unis John Kerry a t-il indiqué que le président syrien pouvait jouer un rôle dans la transition du pouvoir à un nouveau gouvernement. Et contre toute attente, Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, pourtant farouche opposant au président syrien a récemment confié qu'"Il est possible que ce processus se fasse sans Assad, comme ce processus de transition peut se faire avec lui". Enfin la diplomatie française sur le chemin de Damas a manqué assurément de vision. Elle est même «hors-jeu», pour reprendre l'expression l'ancien ministre des Affaires Etrangères Hubert Védrine. De fait, ses postures et ses actes visant tout à la fois, à la fermeture de son ambassade en Syrie, son refus d'intégrer l'Iran et la Russie dans le jeu diplomatique pour miser uniquement sur les monarchies du Golfe, ou encore son soutien aveugle à l'armée syrienne libre (ASL) et sa ferme volonté d'écarter voire de neutraliser à tout prix Bachar El- Assad, sont à marquer du saut de l'échec.