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Le Vénézuela dans le chaos

Des partisans du président vénézuélien Maduro ont séquestré députés et journalistes mercredi, après avoir forcé l'entrée du Parlement contrôlé par l'opposition. La tension ne retombe pas au Venezuela. Sept députés ont été blessés mercredi alors que des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro ont séquestré pendant neuf heures des élus et des journalistes, après avoir violemment pénétré dans l'enceinte du Parlement, unique institution du pays contrôlée par l'opposition. Quelques minutes avant l'évacuation des lieux par les forces de l'ordre, Julio Borges, le président du Parlement, a évoqué 350 personnes "séquestrées" dont une centaine de journalistes et parmi eux un vidéaste de l'AFP, Carlos Reyes. Sur Twitter, il a dénoncé cette attaque et a pris à témoin la communauté internationale. Il a par ailleurs attribué cette opération à des "colectivos", des groupes de civils pro-gouvernement et, selon l'opposition, armés par l'exécutif. Le président Nicolas Maduro, héritier du président Chavez, au pouvoir de 1999 à 2003, a nié toute implication : "Je condamne absolument ces faits. Je ne vais être complice d'aucune violence", a-t-il déclaré, affirmant avoir ordonné une enquête. L'évacuation n'a pu avoir lieu qu'après plusieurs tentatives, les manifestants continuant à faire exploser des grenades assourdissantes: "La tension était grande, avec en plus la tombée de la nuit", a témoigné Carlos Reyes. Dans un communiqué, le département d'État américain a dénoncé un "assaut inacceptable", estimant que cette "violence, perpétrée pendant la célébration de l'indépendance du Venezuela, est un assaut contre les principes démocratiques chéris par les hommes et les femmes qui se sont battus pour l'indépendance du Venezuela il y a aujourd'hui 206 ans". Tout a commencé dans la matinée de mercredi par une cérémonie improvisée par le gouvernement, dans l'enceinte même du parlement, avant l'arrivée des députés. Un épisode qui avait suscité l'indignation de l'opposition. Pendant que l'armée gardait le bâtiment, le vice-président Tareck El Aissami, accompagné du ministre de la Défense et chef des armées Vladimir Padrino Lopez et de militants chavistes, avait prononcé un discours de 15 minutes appelant "les exclus par le modèle capitaliste et par une classe politique apatride" (l'opposition), à réaffirmer leur engagement pour la révolution. Après cette cérémonie, et après l'arrivée des députés, une centaine de personnes, certaines cagoulées, portant des bâtons et vêtues de rouge -la couleur du parti socialiste au pouvoir-, ont à leur tour fait irruption dans le parlement. Certains étaient "armés, de pierres, de bâtons et de couteaux", selon le député Juan Guaido. Au milieu de l'épaisse fumée dégagée par des pétards et des grenades assourdissantes, les partisans du gouvernement ont alors agressé des députés d'opposition, obligeant les reporters à arrêter de filmer et photographier puis à quitter les lieux. "Assassins", "terroristes", "vous ne sortirez pas, vous allez devoir manger les tapis", hurlaient notamment les manifestants à destination des membres du parlement.

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